Archives de catégorie : 3. Longues

Tranche de premier septembre

Dédicace à ma famille nombreuse

Le 1er septembre.

Je ne vais plus à l'école depuis longtemps, et pourtant cette date fait remonter des souvenirs très précis.

J'ai 7 ou 8 ans. Années 90.

À 6h30, Papa fait irruption dans ma chambre. "Etienne, debout." Fini le réveil naturel des vacances.

Je m'habille, short-t-shirt-pull.

Descente à la cuisine. Petit déj. Tartines pour le midi. Papa prépare les boîtes de pommes : à chacun, une pomme découpée en 4 quartiers. 3 enfants, 3 pommes, 6 enfants, 6 pommes. Rituel immuable.

Check cartable. Trousse, crayons, marqueurs, stylo avec cartouche.

J'ai, je crois, une sensation aïgue du changement brutal de quotidien qui va suivre. École chaque jour, activités para-scolaires, automne. L'été est fini et rien ne le ramènera. Mais je suis content. Excité de reprendre la classe. Quel instituteur/trice aura-t-on?

7h20 rassemblement des troupes. 7h25 pose pour la traditionnelle photo de rentrée sur le perron de la maison. Il fait froid! Ce froid de septembre... Mauvaise idée, le short. Tant pis.

1er septembre 1994

7h30 embarquement en voiture, c'est parti. On retrouve la Première. Hommes politiques, Denis Collard, carrefour Léonard et Istvan Felkaï.

Arrivée à l'école. Vient alors la longue marche dans ce couloir étroit entre deux maisons qui nous mène à la cour de récréation. Merveilleux sens de la mise en scène.

8h00, sonnette, on se met en rang, "distance-fixe". Ciao les vacances.

crédit photo : Brèves Cassis (copyright)

Métier insolite : gueule de con

C'est l'été, Brèves Cassis vous propose une petite série.

Ils sont surprenants, inconnus mais néanmoins bien utiles : les métiers insolites.

Aujourd'hui, nous accueillons Alexandra, qui est gueule de con professionnelle.

gueule-de-con

  • Brèves Cassis : En quoi ça consiste?
  • Alexandra : Alors je travaille pour une agence de pub, qui elle-même travaille pour différentes marques. Moi je suis appelée quand il faut faire une gueule de con.
  • BC : C'est un boulot varié?
  • A : oh oui. C'est ça que j'aime! Parfois, je dois juste sourire comme une conne, parfois je dois lever le pouce, parfois on travaille en groupe. On est alors plusieurs gueules de cons et il faut bien se coordonner.
  • BC : Comment devient-on gueule de con?
  • A : C'est beaucoup de travail. Mais je pense qu'il faut une disposition à la base.

 

Voilà de quoi susciter des vocations!

Si vous repérez vous aussi de belles gueules de cons dans les médias, envoyez-les nous!

Les épaules de l’Andalouse

La vie est une petite coquine.

Elle s'arrange pour nous envoyer de temps à autre un petit clin d'oeil. Et l'on en oublie quelques secondes nos préoccupations quotidiennes.

Récemment, la vie m'a envoyé Kendji Girac.

Kendji Girac - Facebook

Toi toi ma belle andalouse, aussi belle que jalouse
Toi ma belle espagnole, quand tu bouges tes épaules

Pour faire cette dernière rime, Kendji, il fallait les épaules solides. Et tu as pris tes responsabilités.

À la première écoute, on reste sous l'effet de la surprise : vraiment, espagnole-épaule, ai-je bien entendu? Mais oui, le deuxième refrain le confirme. On réalise et on prend la pleine mesure du coup d'éclat du parolier. Magnifique, audacieux, irrévérencieux. On se met à croire en l'impossible. Et un sourire illumine notre visage pour une partie de la journée.

Pour ça, Kendji, et pour tout ce qui reste à venir, merci.

 

Le Tour de France, en pleine conscience

2015. La pleine conscience envahit le monde.

Il faut, selon cette philosophie, profiter de l'instant présent, être à ce que l'on fait et savourer chaque seconde.

La Wallonie n'est pas en reste. Ce mardi 7 juillet, un grand happening en plein air est organisé.

Voici les consignes pour nos lecteurs intéressés :

  • se disposer le long d'une route entre Seraing et Cambrai
  • attendre de longues heures
  • profiter pleinement de la seconde durant laquelle le peloton passera devant vous
  • rentrer chez vous, en pleine conscience

crédit photo : Tour de France par Harry Potts (CC)

 

Le blues du retour

Une petite maison, bien entretenue.

Un homme s'avance, résolu, vers la porte d'entrée.

 

Il sonne. Pas de réponse.

Il sonne une deuxième fois.

Il hésite, fait le tour de la maison et trouve la porte de derrière entreouverte.

Il entre dans la maison.

Au milieu d'un établi, un homme est affairé sur un meuble.

- Bonjour!

 

- ..? que.. quoi?!
- Je...
- Au voleur!! on m'attaque!!
- Calmez-vous! Je ne vous veux aucun mal. Vous... vous êtes bien le blues du retour?
- ?... comment me connaissez-vous?
- On m'a parlé de vous. Il paraît qu'on va se rencontrer.
- Pas que je sache. Et vous, qui êtes-vous, d'abord?
- Je suis le voyageur du futur.
- Ahah, c'est cela, à d'autres, vous venez du 22

 

è siècle? et c'est comment là-bas?
- Je veux dire, je suis le futur voyageur.
- D'accord. Vous me laissez et je retourne à mon secrétaire? Merci.
- Attendez. On m'a dit que j'allais vous rencontrer, d'ici quelques mois. Quand le voyage sera fini.
- On verra bien.
- Je me suis dit, pourquoi attendre, on pourrait déjà faire connaissance, je sais pas, je peux vous aider à poncer?
- Vous êtes tordu.
- Pardon?
- Vous êtes tordu. Vous voulez me rencontrer maintenant, en prévision d'une hypothétique rencontre future? Pour m'apprivoiser?
- Beuh..
- À ce rythme-là, il va falloir rencontrer beaucoup de monde, mon ami. À commencer par la Mort.
- Ben justement, j'avais l'intention de..
- Ecoutez-moi bien, vous êtes tordu, vous vous fait

 

es mousser, vous piaffez par trop. Je ne peux rien pour vous. Cassez-vous!
- Mais...?
- Cassez-vous!! PARTEZ! Grossier merle! Hors de chez moi! Ou j'appelle la police! Déchet! Lie! ... FAC-SIMILÉ!!

Le futur voyageur quitta à grandes enjambées la maison du blues du retour, accompagné d'une pluie d'injures et de copeaux.

crédit photo : Maison de route par Nicolas Mirguet (CC)